Exceptionnel : la bar-mitsva d’un jeune garçon issu de l’un des clans arabes de Lod

01/11/2021
La victoire d’une mère juive. Yair montant à la Torah

La vie d’Abigail a été difficile dès sa naissance. En tant que fille d’une mère juive et d’un père druze, son enfance a été très perturbée.Les fréquentes querelles entre ses parents provoquaient des explosions de violence qui retentissaient sur elle. C’était gravé en elle pour le reste de sa vie. À l’âge de quinze ans, elle est devenue orpheline de père et lorsqu’elle a dû s’occuper de sa mère qui était dépressive, ce n’était qu’une question de temps avant qu’elle ne soit jetée à la rue.

Un jeune Arabe de Lod, membre de l’un des clans les plus connus et les plus dangereux de la ville, a perçu sa détresse et lui a proposé de lui offrir une nouvelle vie, en échange du quotidien difficile qui était son lot depuis sa naissance. Après leur mariage dans un tribunal de la charia, le jeune couple a déménagé dans la villa de luxe illégale de sa famille dans le quartier jouxtant la gare ferroviaire de Lod et l’existence d’Abigail est devenue encore plus cauchemardesque. Son mari arabe l’a enfermée à la maison et elle a enduré des violences graves et continues, qui se sont poursuivies même après la naissance à leur fils aîné.

Ce qui l’a sauvée, c’est la tentative insensée de son mari de lui compliquer davantage la vie : il l’a envoyée travailler dans une entreprise employant des agents de surface, uniquement pour qu’elle lui fournisse des fiches de paie officielles et lui permette de contracter d’énormes emprunts en son nom. Losque les lettres d’avertissement et de saisie des banques ont commencé à arriver, elle s’est rendu compte que si elle ne s’enfuyait pas maintenant, elle n’aurait aucun avenir. Par l’intermédiaire d’un collègue de travail, elle a contacté l’organisme Yad Lea’him et quelques jours plus tard, elle a été exfiltrée avec son fils. Tous deux ont été transférés dans un endroit sûr.

Son processus de réhabilitation a été très long. Au fil des ans, l’humeur d’Abigail a connu des hauts et des bas, conséquence des  grandes souffrances qu’elle avait traversées, mais elle a finalement choisi le bon chemin et commencé une nouvelle vie.

La personne qui l’a aidée à surmonter les difficultés, c’est Yair – le fils qu’elle a eu avec son mari arabe. Son garçon, dont les hommes de l’organisme ont organisé la brit mila à la demande de sa mère après le sauvetage, a été accompagné de près ces dernières années par des tuteurs qui l’ont aidé à s’intégrer dans leur nouveau milieu de vie dans le Sharon et dans l’école où il a étudié.

Jeudi dernier, Yair a célébré sa bar mitzvah lors d’une cérémonie très émouvante dans la synagogue ‘Tzemach Tzedek’, qui est aussi un Beit ‘Habad, à Petah Tikva. Yair est monté à la Torah et a lu les bénédictions comme s’il avait fait cela toute sa vie, devant sa mère et  l’assistante sociale qui l’a accompagnée au fil des ans, qui pleuraient de joie et d’émotion.

Lors de la seoudat mitsva qui a eu lieu un peu plus tard, la mère a chaleureusement remercié les hommes de Yad Lea’him et le tuteur de son fils, le dévoué Rabbi Israël Raskin, qui l’accompagne depuis le début. Elle leur a dit : « Lorsque je subissais de graves violences simplement parce que j’étais juive et que  mon fils Yair paniqué s’agrippait à moi, j’ai promis que je ferai tout pour l’élever comme un juif libre, loin de la violence qui m’avait été imposée. J’attends ce moment heureux depuis 13 ans – pour boucler la boucle et le faire entrer dans le monde des mitsvot.

Son père a essayé de me l’arracher à plusieurs reprises avec des menaces et des poursuites devant les tribunaux, mais je n’ai jamais abandonné. Je savais qu’il était mon avenir. Aujourd’hui est un grand jour pour moi, c’est comme si j’étais née une nouvelle fois. L’image de lui en train de monter à la Torah et de devenir un Juif adulte s’imposera à moi toute ma vie et me soutiendra dans les moments difficiles « .