Sauvetage in extremis

J’avais seize ans et demi et j’habitais à Beersheva lorsque j’ai connu Hassan.

Quand mes parents ont entendu cela, ils m’ont fait savoir que si je continuais à sortir avec lui, je n’avais plus rien à faire à la maison.

Pendant ce temps, le gentil garçon dont j’avais fait la connaissance est devenu jour après jour plus tyrannique et dominateur. Hassan a commencé à diriger ma vie. Il décidait quand je devais sortir et où je devais aller, ce que je devais dire et quand je pouvais rire. Il me disait : « Regarde comment tout le monde dans la ville se moque de toi, je suis le seul à m’intéresser encore à toi ».

Très vite, la vie avec lui est devenue un cauchemar permanent. Je suis revenue chez mon amie et j’ai pleuré plusieurs heures de suite. Je sentais que j’avais atteint le fond. Au milieu de la nuit, je me suis levée, j’ai avalé 50 comprimés et j’ai décidé que je n’avais plus de raison de vivre.

J’ai été hospitalisée et les médecins ont réussi à me sauver la vie. Quand j’ai repris conscience, Hassan a téléphoné. Il m’a demandé pourquoi j’avais fait cela.

À ma sortie de l’hôpital, j’ai décidé que je voulais rentrer chez moi et essayer de me reprendre en main.

Afin de rompre avec mon passé, je suis partie à Eilat pendant quelques jours. Quand je suis revenue et j’ai demandé à rentrer chez moi mais ma mère a refusé. Hassan continuait d’appeler tous les jours. Il était ma meilleure solution. Je suis retournée vers lui et j’ai commencé à traîner avec lui et ses amis dans le village.
Un jour, il m’a frappé si fort que j’ai saigné de la bouche. Je lui ai fait savoir que je m’en allais, il a ri et a dit: « Tu n’as nulle part où aller. » Je suis retourné à Beer Sheva et j’ai décidé d’avaler à nouveau des comprimés, mais cette fois-ci plus de 50…

Alors que je marchais dans la rue en réfléchissant où je pourrais le faire, je suis arrivée devant mon école. Mes jambes m’ont emmenées directement dans le bureau du directeur. Je ne savais pas pourquoi, aujourd’hui je réalise que c’était un miracle. J’ai fondu en larmes et j’ai tout raconté…

Le lendemain matin, Tsipora de Yad Lea’him est venue pour me voir. Soudain, j’ai senti que quelqu’un se souciait de moi, que j’intéressais quelqu’un. Je me souviens avoir demandé à Tsipora lors de notre première rencontre : « Qu’est-ce qui vous pousse à m’aider? » Je ne comprenais pas ce qu’elle avait à y gagner. Elle m’a donné une réponse que je n’oublierai jamais : « Quelle question! Si ma sœur est en difficulté et que je ne l’aide pas, alors qui vais-je aider ??? »

Tsipora m’a emmenée dans un appartement de Yad Lea’him, où j’ai rencontré la charmante Maya, qui est en charge de l’appartement. Aujourd’hui, trois mois plus tard, j’ai 18 ans, et je sens que s’ouvre un nouveau chapitre de ma vie, un chapitre plus optimiste ». Miri a éclaté en sanglots et désigné Tsipora et Maya d’un signe de tête: « Ce sont les deux femmes à qui je dois ma vie, elles sont mon père, ma mère et ma famille. Elles sont tout mon monde ».

« Il était question d’un seul jour, entre la vie et la mort », a conclu Tsipora, la directrice du département de sauvetage de l’assimilation. « Si nous étions intervenues un jour plus tard, il n’y aurait peut-être plus eu personne à sauver » …