« Ma fille s’est convertie à l’islam ? Elle a épousé Mustapha ? »

Telles furent les questions qui fusèrent dans la tête de Mme Rotem de Jérusalem à la clôture de Yom Kippour, l’année dernière, quelques secondes après avoir ouvert par hasard le sac à main de sa fille Sarit et découvert un document incroyable… La nouvelle avait donné suite à une conversation téléphonique où tout s’était expliqué… Et à une opération de sauvetage émouvante qui a permis de découvrir la supercherie… Voici tous les détails :

Yom Kippour vient de s’achever chez la famille Rotem de Jérusalem. La mère de famille ouvre par hasard le sac à main de sa fille Sarit et y découvre un document du tribunal musulman certifiant sa conversion à l’islam et son mariage avec un certain Mustapha.

La mère demeure figée, immobile. Elle n’en croit pas ses yeux. Sa fille s’est convertie à l’islam ? Elle a du mal à le croire. Elle est mariée ? Avec Mustapha ? « Maître du monde, que se passe-t-il ? Que faire ? », se demande-t-elle à maintes reprises. Quelques instants plus tard, elle reprend ses esprits et passe à l’action : elle compose le numéro d’urgence de Yad Lea’him, dans l’espoir que cet organisme pourra venir à son secours.

Le service d’urgence fonctionnant 24h/24, un militant s’empresse de répondre. Il entend une voix de femme hystérique qui émet des phrases entrecoupées et désordonnées. Grâce à sa patience et à ses dons de psychologue, il réussit à l’apaiser, et quelques instants plus tard, elle lui rapporte clairement ce qu’elle vient de découvrir. Le militant calme la mère éplorée, l’assurant que la Providence divine l’a effectivement guidée vers un organisme capable de délivrer sa fille. Puis il lui demande des renseignements sur Sarit, ainsi que le nom de ses meilleures amies. La mère donne le nom d’une amie qui, pense-t-elle, est en contact régulier avec sa fille ; cependant, cette dernière informe Yad Lea’him que depuis près d’un an, ses liens d’amitié avec Sarit se sont progressivement relâchés et qu’elles n’ont pratiquement eu aucun contact depuis plusieurs mois, excepté quelques conversations téléphoniques. On lui demande alors de se rendre aux bureaux de Yad Lea’him le plus tôt possible, en lui expliquant que ce rendez-vous est d’importance primordiale pour l’avenir de Sarit.

Au cours de la rencontre qui a lieu le lendemain, les militants de l’organisme ont exposé à cette amie les dernières informations concernant Sarit. Choquée, cette dernière s’est immédiatement portée volontaire pour aider à sauver son amie. Ainsi, sous les directives de Yad Lea’him, elle a téléphoné à Sarit et a demandé à la rencontrer le plus tôt possible, en lui disant qu’elle avait besoin d’un conseil urgent. Au début, Sarit a refusé, prétendant un programme surchargé. Mais l’amie, guidée par l’équipe de Yad Lea’him, a fait preuve de persuasion et Sarit a  finalement accepté de s’entretenir avec elle par téléphone le lendemain à 13h. L’organisme a suppose que Sarit avait choisi cet horaire pour profiter de l’absence de Mustapha.

A l’heure dite, l’amie a téléphoné à Sarit du centre de Yad Lea’him, afin que les militants puissent également écouter la conversation et enregistrer chaque détail. Cette fois-ci, Sarit avait l’air déprimée, désespérée. Son amie lui a demandé pourquoi elle avait rompu ses relations avec elle; au début, Sarit a prétendu avoir trop de travail pour se consacrer à une vie sociale, mais après quelques questions bien ciblées dictées par les militants, elle a fondu en larmes.

Elle a relaté à son amie qu’elle avait eu une enfance difficile dans un foyer qui souffrait de difficultés financières, et que depuis le divorce de ses parents, elle vivait chez sa mère, avec qui elle ne parvenait pas à entretenir de bonnes relations. Sarit révéla à son amie qu’un an plus tôt, elle avait fait connaissance d’un jeune Musulman très sympathique et attentionné, qui lui offrait tout ce qu’elle désirait. Peu de temps après, il l’avait demandée en mariage, lui promettant un appartement répondant à tous ses besoins. « Tu jouiras d’une vie agréable ; tu n’auras pas besoin de travailler pour gagner ta vie et tu pourras faire ce qu’il te plaira », lui avait-il promis.

Inutile de préciser qu’après quelques mois de persuasion, Sarit avait accepté, et son fiancé l’avait immédiatement accompagnée chez un avocat musulman chez qui ils avaient signé un acte de mariage. Peu de temps après, il lui avait également fait signer un acte de conversion à l’Islam auprès d’un tribunal musulman.

Ainsi, elle s’était mariée sans que personne n’en soit informé. Elle avait fait croire à sa mère qu’elle habitait désormais avec des amies à Tel Aviv parce qu’elle ne pouvait plus supporter les tensions qui régnaient entre elles. Immédiatement après le mariage, Sarit et Mustapha avaient déménagé dans un appartement à Jaffa, et à sa profonde stupeur, Sarit avait découvert un logement dans lequel manquait l’équipement de base : il n’y avait ni réfrigérateur, ni four, et une absence totale de nourriture… C’étaient simplement des murs… Sarit était choquée et avait tenté de se révolter, mais Mustapha lui avait répondu sévèrement : « C’est notre appartement, et c’est ici que tu vivras ». Mustapha apportait de temps en temps un peu de nourriture. Sarit demeurait la plupart de temps enfermée, dans une solitude insupportable. Acheter des vêtements était devenu un rêve irréalisable. De temps en temps, Mustapha lui permettait de sortir pendant quelques heures pour rendre visite à sa mère, afin que cette dernière ne se doute pas du drame vécu par sa fille.

Tandis que la conversation se poursuivait, Sarit se détendit et se sentit suffisamment en confiance pour relater en détails la vie amère qu’elle menait, ainsi que les actes de violence qu’elle subissait quotidiennement. La gorge obstruée par les larmes, elle avoua qu’il lui arrivait même de recevoir des coups de couteau. Puis elle conclut son histoire en suppliant son amie de l’aider : « Je suis désespérée ; je n’ai personne à qui demander de l’aide ». Elle se tut un instant, puis ajouta : « Je suis certaine que si ma mère savait que je me suis convertie à l’islam et mariée à un Musulman, elle me tuerait. En plus de toute la souffrance que j’endure, j’ai des cauchemars quand je pense à sa réaction…  »

Ce fut ensuite le tour de l’amie d’expliquer à Sarit qu’elle lui avait téléphoné à la demande de Yad Lea’him, un organisme qui vient régulièrement au secours de jeunes filles et femmes dans cette situation. Sarit affirma être prête à obéir aux directives de l’organisme, afin de quitter sa prison et de commencer une nouvelle vie. Deux jours plus tard, Yad Lea’him profita de l’absence du mari, qui participait à un événement familial, pour rapatrier Sarit.

Au cours du voyage vers un appartement secret, l’assistante sociale qui avait participé à l’opération de sauvetage révéla à Sarit que c’était sa mère qui avait découvert sa relation avec Mustapha et fait appel à Yad Lea’him. Elle la convainquit que sa mère ne l’avait pas abandonnée, qu’elle se souciait d’elle et l’attendait dans l’appartement secret. Leur rencontre fut particulièrement émouvante, après tant d’années de mauvaises relations. Dès l’installation de Sarit dans son nouvel appartement, Yad Lea’him entreprit le processus de réintégration. Sarit se remit progressivement de son traumatisme et finit par accepter de sortir de temps en temps avec l’assistante sociale pour faire des courses ou autres, et finalement – avec l’aide de l’organisme – elle réussit à trouver un bon emploi.

De son côté, Mustapha ne perdit pas l’espoir de retrouver son épouse. Pendant plusieurs semaines, on le vit errer autour du domicile de la mère en compagnie de ses amis, et observer attentivement les allées et venues des habitants. « A ce moment », relate Me Moché Morgenstern, l’avocat de Yad Lea’him, « les militants sont venus me demander au nom de Sarit d’établir un acte révoquant son mariage avec Mustapha. J’ai rencontré Sarit, qui m’a transmis tous les documents nécessaires. Mais après y avoir jeté un coup d’œil, j’ai découvert, à ma grande surprise, que le soit disant homme de loi chez qui Mustapha avait emmené Sarit n’était nullement un avocat. C’était simplement une manœuvre de la part de Mustapha pour faire croire à Sarit qu’il n’y avait aucun retour possible. Sarit avait donc été persuadée qu’elle était légalement mariée, ce qui n’était pas vrai puisque les documents ne possédaient aucune valeur légale ».

Peu de temps plus tard, Mustapha se lassa et on ne le revit plus. Mais la conclusion émouvante de l’histoire a eu lieu quelques mois plus tard, lorsque Sarit se rendit au tribunal rabbinique de Tel Aviv dirigé par le Rav Ben-Chouchan pour achever son processus de retour au judaïsme. Elle continue à présent de se renforcer dans la Torah, respecte le Chabat, la cacherout et les mitsvoth, dans l’intention de s’élever toujours plus haut dans la voie tracée par Hachem.